Il y a dans ce Voyage amoureux en Italie une harmonie aérienne, heureuse, empreinte de cette force délicate si merveilleusement vivaldienne. Un mariage de la plume et de l’aquarelle séché au buvard des amours naissantes. Avec la tessiture qui lui correspond : la fraîcheur des couleurs pâles, le vertige de mots doux comme la peau, l’exaltation apaisée des siestes au Cipriani – ou ailleurs. Deux silhouettes allant main dans la main, elle en talons et jupe courte, lui coiffé de son panama légendaire, saisi au pinceau tel qu’en lui-même, vu de dos mais on entend son rire, on sait qu’il n’est pas inquiet, le dessin est si juste qu’aucune légende n’est nécessaire. Et elle, la voix chantante, le visage un peu penché comme souvent, écoutant sans feindre, heureuse parce qu’enfin sa place est là, à Venise, Florence, mais aussi à Budapest et à Barcaggio, partout où leurs amis se trouvent et les retrouvent.