La Mielleuse figue : Le Poème à Lou, de Guillaume Apollinaire
"Mes amours d’ un instant valent des amours d’ un siècle" écrivait Guglielmo Alberto Wladimiro Alesandro Apollinare de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, dans L’ Hérésiarque & Cie. Est-ce la raison pour laquelle « Le Pont Mirabeau », « La Chanson du Mal-Aimé » ou encore ses fameux Calligrammes, ont traversé les décennies pour encore vibrer à notre époque ?
Fut-il l’un des plus grands poètes du 20e siècle, comme certains de ses contemporains se plaisaient à l’ annoncer ? À l’origine de surréalisme et de l’orphisme, Guillaume Apollinaire a, dans Alcools – dont les manuscrits ont été publiés par les Éditions des Saints Pères (2017) – d’avoir bouleversé les codes en supprimant, sur épreuves, toute trace de ponctuation. Apollinaire privilégie alors la musique au rythme. Les mots donnent à eux seuls le tempo.
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Apollinaire écrit depuis qu’ il est enfant. Il griffonne, prend des notes quel que soit le contexte, dans les tranchées ou sur un lit d’ hôpital ; il se laisse aller à ses rêveries, marche inlassablement, s’ inspire de paysages, de rencontres, et de ses amours.
Lorsqu’ il rédige cette « Mielleuse figue », en octobre 1914, Apollinaire est loin d’ être un inconnu. Publié dans des revues littéraires, conférencier et critique d’art, il est l’auteur inavoué du sulfureux Onze Mille Verges (1907) ; L’Hérésiarque a obtenu quelques voix au prix Goncourt en 1910, Alcools a été édité au Mercure de France en 1913.
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Il écrit ici son premier poème à une femme qui sera sans doute celle dont le nom est le plus indissociable du sien aujourd’hui, Louise de Coligny-Châtillon, la fameuse Lou. Apollinaire a fait sa connaissance très récemment, dans un restaurant à Nice. Leur liaison sera aussi intense que brève et "Gui" adressera de nombreuses lettres à celle qu’ il aimait appeler son "étoile palpitante".

Retranscription :
La mielleuse figue octobrine
Seule a la saveur de vos lèvres
Qui ressemblent à sa blessure
Lorsque trop mûr le noble fruit
Que je voudrais cueillir
Paraît sur le point de choir
C’ est dans cette fleur que bat mon cœur
Qui sent si bon et d’ où monte un beau ciel de nuées
Aromatiques enfants de cet œillet plus vivant
Que vos mains
Et plus pieux que vos ongles
Et puis voici l’ engin
Avec quoi pêcheur
Je
Capture l’ immense monstre de ton désir
Qu’ un art étrange abîme au sein des nuits profondes

Encadrement entre-deux-verres
Encadrement entre-deux-verres
Document recto-verso présenté dans un cadre entre-deux-verres (33 cm x 43 cm).
Cadre en bois, fabriqué en France. Chaque tableau est assemblé à la main dans nos ateliers à Cambremer.
Entre-deux-verres
Cadre 33 cm x 43 cm
Manuscrit 21 cm x 31 cm
Papier Coton
Assemblé à la main
ISBN : 9791095457527